
L'énorme détonation entendue d'Armentières à Arras et Cambrai, jusqu'en Belgique, mardi à 22 h 35, a eu une onde de choc bien supérieure à la
réalité. Le Mirage 2000-C, de la base aérienne de Cambrai, auteur du « bang » du mur du son, a affolé la moitié de la région et Internet !
Les militaires préfèrent en général la discrétion. Raté mardi soir quand un Mirage 2000-C, avion de chasse monoplace, de la BA 103 de Cambrai-Épinoy, a dépassé brièvement la vitesse du son (340 m/s au sol) à un peu plus de 6 000 m d'altitude au nord-ouest de Lille, dans une zone transfrontalière dévolue à l'entraînement au combat.
Quatre chasseurs cambrésiens menaient un exercice d'interception de nuit, à deux contre deux, lors de l'incident sonore, un épisode transsonique, c'est-à-dire
légèrement supérieur à Mach 1, l'unité de mesure des avions supersoniques.
Internet fait « buzz »
Soyons clair, ces avions, en charge de la sécurité de notre espace aérien, ont l'autorisation de voler à cette vitesse et de franchir le mur du son. Ça fait
partie de leur entraînement. Mais le commandant de la base, le colonel Gernez, assure : « Notre philosophie générale est de limiter les nuisances, nos procédures cadrent les limites,
notamment la nuit. S'il y a violation délibérée, il y a sanction. Là, au vu des éléments, ce n'est pas le cas. » Selon le chef de la BA 103, le pilote a agi de manière involontaire :
« C'est un sous-chef de patrouille au milieu de sa progression professionnelle avec 300 heures de vol et plus de deux ans à Cambrai. » Un reproche, il a manqué de vigilance en ne
voyant pas son cadran de machmètre approcher la limite du son.
Seulement, la mésaventure aérienne a affolé la moitié sud de la région. Outre la déflagration, les vitres et certaines habitations ont tremblé. En raison de l'humidité ambiante, qui régnait
mardi soir sur la terre comme dans le ciel, l'onde de choc a été plus violente et s'est dispersée, dans le sens inverse du Mirage 2000, d'Armentières jusqu'à Arras et Cambrai.
Beaucoup de gens ont cru à l'explosion d'une conduite de gaz. Les pompiers, la police ont été submergés d'appels. Une équipe d'urgence de GDF s'est même
déplacée à Lille, à l'appel de riverains inquiets de la rue de Douai !
Internet a aussitôt lancé la machine à rumeurs (OVNI, avion secret, attentat). Et à humour plus ou moins fin : « Moi, je crois plutôt à la théorie du sumo tombé dans ses
escaliers. » Un groupe Facebook "toi aussi , t'as entendu un gros boum aux alentours de lille?"
était créé dès 22 h 40 mardi et comptait hier soir plus de 11 000 membres.
Ces informations sur www.lavoixdunord.fr, elles, étaient consultées
dans la journée par un record de 60 000 personnes.
OUF !!!! ON A EUT CHAUD !!!!
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